Le hautbois classique est muni de 2 clefs : une clef de do grave (qui peut encore être à patte double, en « aile de papillon ») et une clef de mi bémol. Le jeu sur cet instrument inclut des doigtés de fourche et des doigtés à double trous (3e et 4e trous), permettant de légères variations de hauteur s’accordant à différents tempéraments aux couleurs caractéristiques.

Mais l’esthétique classique favorise l’enharmonie (confusion entre sol # et la bémol par exemple) et l’écriture dans de multiples tonalités.

Quelques instruments, comme la flûte ou la clarinette, sont rapidement munis de nouvelles clefs. Au début du XIXe siècle, la flûte de Tromlitz possède 8 clefs, la clarinette de Simiot 12, celle de Muller 13 et le cor de basset de Grenser 16.

Si les facteurs germaniques fabriquent des instruments possédant jusqu’à 9 clefs, les hautboïstes français sont plus réticents ; ils en ajoutent progressivement deux : celle de fa # et celle de do # grave ; puis celles de sol # (tout en conservant le double trou), de fa bécarre, de si bémol et ut médium, parfois une clef d’octave (servant aux liaisons des notes aigues) et une clef bouchant un des trous du pavillon, pour rendre plus juste les notes graves, utilisée ensuite pour jouer le si grave. D’autres ajouts sont longtemps contestés, comme la clef de demi-trou, la seconde clef d’octave, la double clef de mi bémol.

Cette mécanisation va changer l’apparence de l’instrument avec la disparition du balustre, la diminution des renflements à la jonction des corps

Le hautbois viennois de Koch décrit dans la méthode de Sellner parue en 1824, muni de 13 clefs permettant de jouer indifféremment dans toutes les tonalités tout en conservant un son homogène, constitue l’apogée des systèmes simples, (systèmes dans lesquels chaque clef n’a qu’une action, celle de boucher ou déboucher- un trou, et n’est alors que la prolongation d’un doigt).

Fig 1
hautbois « Fils de Schott »

La plupart des hautbois français « système simple » de cette période 1830-1850 (Fig 2-12), sont équipés de 8 à 12 clefs, à savoir :

  • ut et ut # graves, mi bémol
  • fa bécarre et fa #
  • sol #, si bémol et ut médium

aux quelles peuvent s’ajouter :

  • la clef de demi-trou
  • une clef de mi bémol à gauche
  • une clef d’octave
  • une clef de do-si grave (pouvant donner le si grave mais servant surtout à assurer la justesse du do grave).

Cette dernière clé est souvent ajustée sur un des trous de résonance du pavillon.

Fig 2
hautbois Triebert
Fig 3
hautbois Triebert 8 clefs
Fig 4
hautbois Triebert
Fig 5
Hautbois Triebert 10 clefs
Fig 6
Hautbois Triebert 11clefs
Fig 7
hautbois Thibouville
Fig 8
hautbois Triebert
Fig 9
hautbois 8 clefs
(méthode Vény 2e éd. 1844)
Fig 10
Hautbois 8 (+3) clefs (tablature Ferroud)
Fig 11
catalogue Gautrot
Fig 12
hautbois 10 clefs (méthode Miller 1843)
Fig 13
hautbois 8 clefs (méthode Brod)

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