De la fin du Moyen-Age jusqu’au milieu du XVIIe siècle, le hautbois qui se développe en Europe prend le nom générique de chalemie (shawm en anglais, schalmey dans les pays germaniques, chirimia en espagnol, scaramella en italien), sauf en France où il s’est toujours appelé hautbois ou grand hautbois.

 
Fig.1
Sebastian Virdung, Musica getutscht, 1511. Chalemie et bombarde, représentées avec une flûte à 3 trous, une flûte traversière et un consort de flûtes à bec.

Chalemie ou grand hautbois, cet instrument présente partout les mêmes caractéristiques d’un instrument à anche double directement contrôlée par les lèvres ou par l’intermédiaire d’une pirouette, à perce conique, 7 trous d’accord et un pavillon très allongé percé de 2 ou 3 trous. L’instrument, le plus souvent en une seule pièce, est fabriqué en buis ou en bois de fruitier. Une source qui date du début du XVIe siècle, le Musica getutscht de Sebastian Virdung (1511), décrit une chalemie et une bombarde (fig. 1) que l’on retrouvera, avec sa famille instrumentale, dans le Musica instrumentalis deutsch de Agricola en 1529 et dans le de Organographia de Michael Praetorius en 1618. Marin Mersenne, dans l’Harmonie universelle publiée en 1636, décrit les mêmes instruments et il précise d’ailleurs « qu’il y a deux sortes de haut-bois qui sont en usage en France, à scavoir ceux de Poitou … et ceux que l’on appelle simplement Haut-bois » ou grand hautbois (fig.2, fig.3). Le hautbois de Poitou (fig.4, fig.5), avec un pavillon plus court que celui du grand hautbois et une clé enfermée dans un barillet, est connu et joué en France depuis le XVe siècle.  

Fig. 2
Marin Mersenne, Harmonie universelle, 1636. Dessus et taille de grand hautbois
Fig. 3
Dessus de grand hautbois, réalisé suivant les dimensions fournies par Mersenne (Marc Ecochard).
Crédit photo : Philippe Roulaud.
Fig. 4
Marin Mersenne, Harmonie universelle, 1636. Famille des hautbois de Poitou.
Fig. 5
Hautbois et cornemuse de Poitou, réalisés d’après la gravure de l’Harmonie universelle (Marc Ecochard).
Crédit photo : Philippe Roulaud.

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